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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 16:59

Nous sommes allés au cirque de Saint Même et en passant au col du Granier, nous avons pu observer les traces des éboulements récents ( Janvier et mai 2016 ).

Le Granier ( 1933 m d'altitude ) est un vaste karst qui possède un énorme réseau de grottes et fissures : 341 gouffres de 10 à 560 m de profondeur soit environ 66 km de galeries.

Ceci est un point faible de cette montagne.

Face nord du Granier

Face nord du Granier

La face nord du Granier a été façonnée par l'éboulement de 1248 qui détruisit plusieurs villages et fit des milliers de morts.

Une grosse période de pluie engendra un éboulement des roches sur le soubassement de marnes gorgées d'eau qui généra alors un vaste glissement de terrain.

Eboulement du pilier nord-ouest
Eboulement du pilier nord-ouest
Eboulement du pilier nord-ouest

Eboulement du pilier nord-ouest

Dans la nuit du 8 au 9 janvier 2016, le pilier nord-ouest du Granier s'est écroulé vers Entremont le Vieux.

La fracture large de 85m et haute de 185m environ représente un éboulement de roches de

120 000 m3.

L'impact au sol de l'éboulement a généré une secousse de 2,4 sur l'échelle de Richter.

La cause semble être une infiltration incessante de pluie.

éboulement de la face est

éboulement de la face est

En avril et mai 2016, un éboulement sur la face Est s'est produit, toujours à cause des conditions météos : pluie froid et variation de températures importantes.

Ce sont 100 000 m3 de roches qui sont tombées. La pluie mélée aux éboulis a evolué en lave torrentielle qui a coupé la route de Chapareillan au col du Granier.

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 17:27

L'occasion de retourner pendant les vacances de printemps dans le Royan pour faire découvrir aux enfants les grottes de Choranche et les falaises de Presles.

Ces grottes sont situées dans le massif du Vercors, dans le cirque de Presles bordé de hautes falaises de calcaire urgonien.

 


presles

 

 

Falaises de Presles, formidable terrain de jeu d'escalade ..... souvenirs, souvenirs !

 

 

Ce calcaire s'est formé dans des conditions tropicales, dans une mer peu profonde et chaude ( les conditions actuelles des plateformes coraliennes des Bahamas ).  Il s'est déposé sur une épaisseur de parfois plus de 300m de puissance, on y trouve des fossiles de coraux, foraminifères, et bivalves ( rudistes ). Ces dépots datent de l'ère secondaire.

 

trois pucelle2

 

Autres falaises urgoniennes aux portes du Vercors : Les trois pucelles ..... encore une terrain de jeu d'escalade et encore souvenirs souvenirs !!

 

 

Ces calcaires ont été plissés et cassés lors de l'orogénèse alpine et l'érosion a ensuite donné le reliefs actuellement observé. Les murailles urgoniennes forment une sorte de rempart naturel qui défendent l'entrée sur le plateau du Vercors : caractéristique qui a été exploitée par les maquis lors de la dernière guerre mondiale .. mais c'est une autre ( passionnante ) histoire.

 

Dès lors que ce calcaire est soumis à l'érosion, l'eau joue un rôle important en modelant le relief.

Le calcaire est une roche qui est permeable en grand, c'est à dire qu'un massif calcaire va laisser l'eau circuler en son sein.

 

cascade bournillon

 

 

Cascade du Bournillon

 

 

L'eau s'infiltre dans les fissures, les diaclases et les joints de stratification. Par son action chimique et mécanique, l'eau va s'infiltrer en creusant des galeries, des salles, des puits souterrains.

 

grotte

Grotte dans la falaise

 


resurgence1

 

 

L'eau sortant des diaclases donne naissance a des petits jardins

 

 

Lors de son voyage, l'eau se charge de CO2 et dissoud le calcaire de la roche. Cette action chimique est à la base de l'érosion karstique.


A Choranche lorsque l'eau a traversé les couches urgoniennes, elle rencontre le niveau marneux ( imperméable ) et ressort sous forme de  résurgence : c'est le cas des grottes de Choranche, de la grotte du Gournier avec son lac à l'entrée :

 

gournier

Porche d'entrée de la grotte du Gournier. Au fond accès aux galeries visitables ...... souvenirs, souvenirs !

 


Revenons aux grottes de Choranche. La visite se déroule le long de deux rivières souterraines qui se rejoignent pour former un petit lac juste avant la sortie.

 

galerie

Première rivière

 

galerie2

 

 

Rivière qui sort de la salle dite de la "cathédrale'" où se déroule le son et lulière clou de la visite guidée.

 

lac entree


Lac de la sortie où les deux rivières se rejoingnent

 

  L'eau qui circule dans le calcaire crée par endroits des concrétions. L'eau qui arrive dans les salles perd son CO2 par évaporation. Cette évaporation provoque un dépot du carbonate de calcium qui est dissoud dans l'eau sous forme de cristaux de calcite.

 

concretions

 

En s'accumulant ces critaux forment des stalagtites ( tombent ) des stalagmites ( montent ) ou des gours.

 

concretions3

 

A Choranche, la taille des concrétions varie en fonction de la vitesse d'écoulement des eaux. La cristallisation dépend de la teneur en acide carbonique ( H2CO3 ). Plus il y a d'acide carbonique, plus le pouvoir de corrosion est grand et donc plus la teneur en carbonate de calcium est importante.

 

 

concretions2

 

 

 

pilier

 

Les fistuleuses font la réputation de la grotte de Choranche. Ce sont des structures tubulaires dont la taille ici peut atteindre plusieurs mètres et leur diamètre varie entre 5 et 10 mm. La goutte s'écoule lentement dans le tube creux et reste suspendue un long moment ce qui contribue à faire grandir le tube en renforçant le dépot de calcite.

 


 

fistileuses-copie-1

 

 

 

 

L'eau ressort qui ressort de la cavité est encore chargée en carbonate puisque celui ci se dépose sur les végétaux bordant la cascade, donnant naissance à du tuf.

 

cascade tuf

 

 

 

Sur le sentier, nous avons pu observer un superbe aurore.

 

 

aurore

 

 

 

Un super site pour le pique nique à Pont en Royans au pied des maisons suspendues.

 

 

choranges 103

 

 

 

Site de pique nique sympa où on a pu observer de nombreuses hirondelles, des colverts et surtout un cincle plongeur qui pêchait sur la berge en face.

Il plongeait, remontait, se laissait aller avec les courants recommençait etc .....

 

cincle

 

 

 

 

Pour tous renseignements :

 

http://www.grottes-de-choranche.com/

 

http://www.parc-du-vercors.fr/

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 19:17
Un article en apparence éloigné du thème de ce blog .... En apparence seulement puisqu'il va aborder de la géologie, de la minéralogie et un aspect culturel hyper  important : l'exploitation des mines des Alpes.

On ne causera ici que des mines de Saint Georges d'Hurtières mises en relief par l'animation muséographique du Grand Filon.



Le site minier des Hurtières est situé dans la vallée de la Maurienne dont la morphologie est le résultat d'un modelage glaciaire fait de verrous et d'ombilics. Saint georges d'Hurtières est sur un replat morainique.

D'un point de vue géologique, le site est situé dans l'extrême nord du massif de Belledonne qui appartient aux massifs alpins externes comme l'Estérel, l'Argentera, Pelvoux ..... Des massifs formés de roches cristallines et métamorphiques.


Micaschistes de la série satinée

Cette zone du massif de Belledonne appartient à la série satinée du socle hercynien comme la Bretagne et le Massif Central.
La série satinée est une ancienne série sédimentaire composée de grès, de carbonates et de matières organiques. Sa datation : paléozoïque inférieur ( environ 500 millions d'années ).


Extrait de Geol-alp ( http://www.geol-alp.com) par maurice Gidon


Toujours extrait du site de Monsieur Gidon. Un grand merci à Monsieur Gidon qui met à disposition de tous ses compétences de géologue et de pédagogue : http:// www.geol-alp.com

La mine est exploitée du Moyen-Age à 1931. Des recherches d'uranium seront faites plus tard avec le creusement de la galerie Saint Louis qui est visitable.

C'est la plus grande mine des  700 que comptent les Alpes. Elle coure sur 21 km de galeries sur 520 m de dénivelée. Elle comprend 700 carrefours pour 60 entrées et y ont travaillé quelques 600 mineurs.

La sidérite, la chalcopyrite et la galène y sont exploitées pour le fer, le plomb, le cuivre et l'argent.


Différents types de minerais et l'encaissant du filon

Le filon a une puissance de 5 à 8 m , il est rectiligne en profondeur ce qui rend son exploitation plus facile. Ce filon est décalé par le jeu de 5 failles.

Les minéralisations reconnues sur ce filon sont :

La sidérite ( FeCO3) , l'Ankérite ( [Ca(Mg,Fe)] (CO3)2], la Goethite FeO OH, Chalcopyrite FeCu qui donne en altération la Malachite [CuCO3,Cu(OH)2], la Linarite, l'Azurite, la Galène PbS elle est souvent argentifère, la Pyrite FeS2, Gypse, Baryte, Sphalérite.

Les minéralisations ici sont des minéralisations hydrothermales. Il y a eu trois phases de circulation de fluides chauds.

Deux phases au niveau de la série satinée :

Une première qui dépose la sidérite massive pure, du quartz pauvres en sulfures. Le minerai y est riche en manganèse ce qui donne un fer très résistant. Fer qui a fait la réputation de Saint Georges d'Hurtières depuis le Moyen-Age :

"Eh Durendal, comme tu es belle ! et claire ! et blanche !
Au soleil comme tu luis et brilles !
charles était aux vaux en Maurienne, quand du ciel Dieu lui manda par son ange de te donner à un comte capitaine "

La chanson de Roland


Une seconde qui dépose de la sidérite et du quartz riche en sulfure ( chalcopyrite, pyrite, goethite ) et galène.


sidérite, quartz et chalcopyrite.

Ces deux minéralisations ont eu lieu avant l'orogénèse Hercynienne et sont datées entre 260 et 316 millions d'années.

Une troisième phase qui est due au lessivage de la série satinée, elle est probablement post triasique.

Les techniques d'extractions du minerai de la mine ont evolué tout au long des ages :


Front de taille et filon.

Au début la roche est chauffée avec le feu puis décapée avec une pointerolle,


mineur travaillant avec une pointerolle

Plus tard le mineur creuse un trou à l'aide d'un fleuret puis bourre le trou de poudre noire, l'explosion détachant des morceaux de roches et le minerai.


creusement du trou pour la poudre noire avec un fleuret

Enfin à la fin du XIX eme siècle, le trou est foré avec un fleuret  et l'explosif utilisé est la dynamite.


Vestige de marteau piqueur pneumatique.

L'avancée du creusement varie de 5 cm par jour au moyen age à 40 cm à chaque tir avec la dynamite.

Différents types de fleurets


Tête de fleuret


Le minerai extrait est sorti de la mine par des wagonnets  pour aller vers le site de traitement.



La sidérite est d'abord mise à griller à 900 °C grace au charbon de bois. Cette étape permet d'enlever les sulfures et carbonates des minerais carbonatés et sulfurés.


zone de grillage du minerai


Minerai grillé avant le concassage

Le minerai est ensuite concassé et trié. Les déchets qui ne contiennent pas de fer sont éliminés.


Campement des charbonniers


Minerai concassé. Le point rouge est un aimant qui indique le minerai de fer

Enfin la sidérite est portée à 1400-1600 °C pour faire fondre le fer. cette étape a lieu dans le bas fourneau.


Le bas fourneau et son soufflet.

Il en ressort une loupe de fer qui sera travaillée en lingots.


Loupe de fer. Le point rouge est un aimant.

Les lingots seront exploités par les forgerons.


A la fin de la chaine : la forge qui donnera naissance à l'outil.


Une pensée pour mon prof de pétro de l'Institut Dolomieu : Monsieur Henri Dabrowski avec qui j'ai eu la chance de visiter quelques unes des galeries de ce site il y a quelques années déjà.
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